Piè­ce encom­brée et pré­ci­pi­ta­tion. Juliet­te Venel a mis des équa­tions sur nos dépla­ce­ments dans un envi­ron­ne­ment sur­peu­plé. Son pro­gram­me infor­ma­ti­que pré­vient les situa­tions dan­ge­reu­ses en cas d’évacuation d’urgence.

Juliette Venel, enseignante-chercheuse en mathématiques appliquées à l’université de Valenciennes

Juliet­te Venel, enseignante-chercheuse en mathé­ma­ti­ques appli­quées à l’université de Valen­cien­nes

Heu­re de poin­te à la sor­tie du métro. Les voya­geurs se ruent vers le pied de l’escalator. Mais les plots ins­tal­lés avant la mon­tée les empê­chent de s’attrouper. « C’est le gen­re de petits trucs qu’on peut trou­ver avec nos modè­les », s’amuse Juliet­te Venel, enseignante-chercheuse en mathé­ma­ti­ques appli­quées à l’université de Valen­cien­nes. Pour modé­li­ser les mou­ve­ments de fou­le, elle a déve­lop­pé un pro­gram­me infor­ma­ti­que au cours de sa thè­se sou­te­nue en 2008. « La modé­li­sa­tion mathé­ma­ti­que inter­vient car si on essaye de repro­dui­re ces phé­no­mè­nes dans la réa­li­té, on ris­que des bles­sés… »

Limi­ter l’insatisfaction

Il faut ima­gi­ner une vue de des­sus d’une piè­ce recons­ti­tuée avec des obs­ta­cles infran­chis­sa­bles. « Plus la sal­le est bis­cor­nue, plus ça va être dif­fi­ci­le. » Cha­que indi­vi­du est repré­sen­té par un dis­que qui évo­lue d’une cer­tai­ne maniè­re. « Il y a les fous furieux qui cou­rent et ne veu­lent pas décé­lé­rer, et les gens plus cal­mes qui ralen­tis­sent quand ils voient du mon­de devant. » Com­ment vont-ils essayer de sor­tir de la piè­ce ? En sui­vant les pan­neaux ? En cher­chant le che­min le plus court ? En sui­vant les autres ? La vites­se réel­le de cha­cun est cel­le qui empê­che les dis­ques de se che­vau­cher. Le but est de fai­re en sor­te qu’elle soit le plus pro­che pos­si­ble de la vites­se sou­hai­tée pour limi­ter l’insatisfaction.

L'interface du programme informatique développé pour modéliser les mouvements de foule dans un environnement encombré

L’interface du pro­gram­me infor­ma­ti­que qui modé­li­se les mou­ve­ments de fou­le dans un envi­ron­ne­ment encom­bré

« Trois ans c’est assez court pour fai­re la tota­li­té de l’analyse pro­gram­ma­ti­que et la pro­gram­ma­tion », confie la cher­cheu­se. La pre­miè­re éta­pe très théo­ri­que a consis­té à modé­li­ser et écri­re le modè­le mathé­ma­ti­que. Il res­tait alors à écri­re le code infor­ma­ti­que en C++ pour abou­tir à un pro­gram­me sta­ble. « Le cal­cul finit tou­jours par abou­tir. Même avec des mil­liers de per­son­nes, il n’y a aucun pro­blè­me. »

« Quand on éva­cue une sal­le, il arri­ve que quel­ques per­son­nes for­ment une sor­te d’arche »

Uti­li­sé ini­tia­le­ment pour des étu­des uni­ver­si­tai­res, il peut main­te­nant ser­vir à l’élaboration de nor­mes ou enco­re aux orga­ni­sa­teurs de spec­ta­cles ou d’expositions. Il fait des cal­culs pour s’assurer que les condi­tions de sécu­ri­té sont réunies lors d’une éva­cua­tion d’urgence. « Quand on éva­cue une sal­le, il arri­ve que quel­ques per­son­nes for­ment une sor­te d’arche : un demi-disque devant une sor­tie. » Per­son­ne n’arrive à sor­tir jusqu’au coup d’épaule qui déblo­que la situa­tion. « On essaie de fai­re en sor­te qu’il n’y ait pas d’arche blo­quan­te. »

Xavier BOIVINET

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