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L’Homme, naturellement égoïste ? Les expériences en économie comportementale remettent en question ce jugement.

L’économie s’appuie sur la théorie de l’Homo oeconomicus. Cette théorie modélise l’individu comme égoïste et motivé par la maximisation de son seul profit. L’économie comportementale, en s’inspirant
de la psychologie et des sciences cognitives, propose une autre approche de l’agent économique : « on construit un protocole en laboratoire pour tester si une théorie fonctionne », explique Marie-Claire Villeval, chercheuse au CNRS. Des participants doivent faire des choix réels face à un problème économique donné.
À chaque choix est associé un gain : « le but est de recréer les conditions d’un système économique », souligne-t-elle.

Par exemple, on cherche à évaluer la contribution volontaire à un bien public. Quatre participants disposent de 10 jetons chacun. Ils peuvent conserver leurs jetons, d’une valeur de 1 € pièce. Ou bien ils peuvent les investir dans un bien public, un jeton investi rapportant 0,5 € à chaque membre
du groupe, quelle que soit sa contribution. Si tous les joueurs conservent leurs jetons, chacun gagne 10 €. Si tous les joueurs investissent tous leurs jetons dans le pot commun, alors chacun gagne 20 €. Mais si un joueur garde tous ses jetons pour lui alors que les trois autres les investissent, il gagne 25 €. Un joueur qui
adopte ce comportement est appelé “passager clandestin”. Notre nature égoïste devrait nous pousser à conserver nos jetons en espérant que les autres investissent… Or, en laboratoire, on identifie une majorité de coopérateurs conditionnels. Ils investissent en moyenne entre 40 et 60 % de leur capital dans le bien public. L’Homme est donc capable d’altruisme !

Virginie MONTMARTIN

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