Suivez-nous :

Depuis qu’elle a rejoint le groupe lillois de l’institut national de la recherche en informatique (INRIA), Nathalie Mitton a mis son talent et son goût de l’informatique au service des objets connectés. Son but : faire en sorte qu’ils apprennent à « mieux se parler ».

« Les applications sont nombreuses. Par exemple, nos travaux de recherche peuvent aider à améliorer la surveillance des volcans ou l’étude des animaux munis de capteurs de mouvements. Ou encore faciliter en ville le déploiement de petits objets connectés pour suivre l’état de santé des bâtiments ou localiser rapidement des places vides dans les parkings », se réjouit Nathalie Mitton, jeune directrice de recherche, responsable du projet  FUN (pour self-organizing Future Ubiquitous Networks) à l’INRIA de Lille. Une équipe de recherche dont la page internet vous invite d’emblée à rêver : « Imaginez un monde où chaque objet aurait la capacité de parler ».

Nathalie MittonDepuis plusieurs années, elle et son équipe développent ainsi « des algorithmes de communication entre des objets sans fil, afin qu’ils soient plus intelligents entre eux et pour eux », précise la chercheuse. L’enjeu est d’autant plus important que le monde des objets connectés est en pleine expansion et qu’il est donc essentiel que ces nouveaux acteurs physiques du monde numérique puissent exploiter au mieux leurs capacités sans trop encombrer les réseaux.

« On a tendance à croire que ce n’est pas un “truc de fille” de dialoguer avec les machines »

Pour y parvenir, Nathalie Mitton compte bien exploiter toute la palette de ses connaissances scientifiques. « Dès le collège, je préférais les sciences aux autres matières, surtout la physique. J’ai fait un bac S puis j’ai rejoint l’INSA de Lyon », confie-t-elle. C’est dans cette grande école d’ingénieur qu’elle s’oriente alors vers la télécommunication : « le département venait juste de voir le jour et cette discipline, mêlant sciences physiques, mathématiques et informatique m’a tout de suite séduite », se rappelle la chercheuse. Un choix à l’encontre de la plupart de ses camarades qui préféraient alors les sciences du vivant : « J’avais déjà vu cela au lycée, toutes les filles de ma filière voulaient faire de la biologie. On a tendance à croire que ce n’est pas un “truc de fille” de dialoguer avec les machines », regrette-t- elle. Un « biais culturel » qui se reflète dans sa propre expérience des projets de recherche en lien avec les industriels du secteur : « Quand je travaille avec eux, mes interlocuteurs sont majoritairement des hommes. »

« Il y a aussi une méconnaissance du mot informatique, poursuit-elle. Pour beaucoup, informatique rime principalement avec ordinateur. Or il n’y a pas que la machine, il y a aussi tout ce qu’elle permet de faire : l’imagerie, les réseaux, la bioinformatique, la réalité augmentée, la robotique, etc. Il faudrait montrer davantage tout ce qui se cache derrière ce mot », insiste Nathalie Mitton. Cette prise de conscience paraît d’autant plus nécessaire que « le numérique se développe à grand pas et l’informatique fait déjà partie intégrante de nos vies », constate-t- elle, tout en espérant que ce nouveau monde numérique implique autant les femmes que les hommes. Sur ce point, les élégantes stratégies collaboratives que Nathalie Mitton et son équipe développent pour les objets connectés, nous donnerons sûrement quelques beaux exemples à méditer.

Partager

A propos de l'auteur

Laisser un commentaire