Le LOSC court après les chiffres

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Les sup­por­ters en raf­fo­lent, les joueurs aus­si. Les sta­tis­ti­ques révo­lu­tion­nent l’approche du foot­ball. Le staff du LOSC expli­que com­ment il en tire pro­fit.

Nom­bre de buts de la star Sofia­ne Bou­fal, total d’arrêts déci­sifs de la muraille Vin­cent Enyea­ma, points au clas­se­ment géné­ral. Au LOSC, les chif­fres sont par­tout. Les sup­por­ters leur accor­dent une gran­de impor­tan­ce. Les joueurs aus­si. Le staff, lui, ana­ly­se  des don­nées, plus nom­breu­ses et com­plexes. « Je manie des stats tous les jours pour éta­blir des cour­bes de per­for­man­ce des joueurs, indi­vi­dua­li­ser  les pro­gram­mes de récu­pé­ra­tion selon l’intensité des efforts four­nis, ou pré­ve­nir les ris­ques de bles­su­re en fonc­tion des chocs subis », expli­que Benoit Dela­val, pré­pa­ra­teur phy­si­que adjoint du LOSC.

Des heu­res d’analyse

GPS et cap­teurs inté­grés dans les maillots scru­tent la pro­gres­sion des joueurs : vites­se, déten­te, capa­ci­té res­pi­ra­toi­re sont enre­gis­trées. Avec ces infor­ma­tions, le pré­pa­ra­teur phy­si­que éta­blit des sta­tis­ti­ques et regar­de si l’entraînement a des effets posi­tifs sur ces para­mè­tres. Au domai­ne de Luchin, le cen­tre d’entrainement du LOSC, le ser­vi­ce vidéo tour­ne à plein régi­me. Quen­tin Robert, char­gé audio­vi­suel, expli­que : « Nous som­mes six à tra­vailler dans ce ser­vi­ce. Nous décor­ti­quons les pha­ses de jeu de nos joueurs mais aus­si de nos adver­sai­res et même des recrues poten­tiel­les ! »

Face à son écran, il vision­ne, le regard affû­té, des heu­res de matchs et ana­ly­se cha­que pha­se de jeu. Son rôle est de met­tre à dis­po­si­tion des pré­pa­ra­teurs phy­si­ques et de l’entraîneur, Fré­dé­ric Anto­net­ti, des don­nées sur les per­for­man­ces des joueurs : nom­bre de sprints, de tacles, de frap­pes, de cour­ses à hau­te inten­si­té ou enco­re de duels rem­por­tés. « Cela per­met, par exem­ple, à l’entraîneur d’anticiper les chan­ge­ments : si un joueur fait moins d’efforts inten­sifs à par­tir de la 60e minu­te, c’est peut-être un signe de fati­gue. » Cyril Cha­nat est ana­lys­te vidéo spé­cia­lis­te de l’adversaire. Son rôle est bien dif­fé­rent : il doit déce­ler les points forts et les fai­bles­ses des futurs adver­sai­res du LOSC. « En pré­vi­sion d’une séan­ce de tir au but pour la fina­le de Cou­pe de la Ligue contre le PSG, j’ai éta­bli des sta­tis­ti­ques sur les habi­tu­des des tireurs pari­siens mais aus­si du gar­dien pour voir s’il plon­geait plus sou­vent d’un côté que de l’autre. »

Fac­teur humain

Le staff tech­ni­que res­te tou­te­fois vigi­lant face aux chif­fres. Pour une même per­son­ne pesée deux fois de sui­te, une balan­ce affi­che rare­ment le même poids. C’est pareil pour les outils uti­li­sés dans le foot­ball. Benoit Dela­val confir­me : « Deux cap­teurs sur un joueur ne don­ne­ront pas les mêmes résul­tats. Pour qu’un outil soit fia­ble, il faut que dans les mêmes condi­tions d’expérience, il don­ne les mêmes résul­tats. »
Les don­nées sont éga­le­ment à pren­dre avec des pin­cet­tes. Ce n’est pas par­ce qu’un joueur court moins qu’il est moins bon. Au contrai­re. Cela peut mon­trer qu’il est plus effi­ca­ce dans ses cour­ses et que son pla­ce­ment est meilleur.

Autre incon­vé­nient de l’utilisation quasi-systématique des chif­fres : le côté humain est mis de côté. Le pré­pa­ra­teur phy­si­que l’assure : « Cela fait 12 ans que je tra­vaille avec cer­tains joueurs. Avec eux, le rela­tion­nel est très impor­tant et l’échange suf­fit : je n’ai pas besoin de GPS pour connaî­tre leur niveau de per­for­man­ce, je perds moins de temps ! » Petit rap­pel : en 1998, les sta­tis­ti­ques n’existaient pas. Et pour­tant la Fran­ce est deve­nue cham­pion­ne du mon­de.

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A propos de l'auteur

Étudiant de la filière journaliste scientifique commune à l'ESJ et l'Université de Lille – sciences et Technologies. @JS23_ESJ

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