Pour les spor­tifs de haut niveau, la retrai­te arri­ve avant 40 ans. En moins de vingt ans de car­riè­re, les entraî­ne­ments inten­sifs et répé­tés usent le corps et l’esprit.

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Sébas­tien Bos­quet fai­sait par­tie de l’équipe fran­çai­se de hand­ball entre 2002 et 2013. © Stein­dy

Un esprit sain dans un corps sain, c’est la clé de la réus­si­te du spor­tif de haut niveau! Le corps, grâ­ce aux entraî­ne­ments, per­met de repous­ser les limi­tes phy­si­ques. L’esprit insuf­fle la har­gne néces­sai­re pour arri­ver à se dépas­ser sans flan­cher. Au cours de leur car­riè­re, les spor­tifs sont sui­vis par une bat­te­rie de méde­cins et de psy­cho­lo­gues pour évi­ter au maxi­mum les acci­dents. Mais lors­que son­ne l’heure de rac­cro­cher, le sta­tut des ath­lè­tes chan­ge aus­si: les pro­fes­sion­nels de san­té –ain­si que les infra­struc­tu­res asso­ciées– ne sont plus à dis­po­si­tion.

Or cer­tains sports pro­vo­quent des bles­su­res qui per­du­rent après la retrai­te. «Au hand­ball, des pro­blè­mes liés aux ten­dons et aux arti­cu­la­tions peu­vent conti­nuer même après la fin de car­riè­re. Les épau­les, les genoux et les mus­cles des cuis­ses sont les plus tou­chés», témoi­gne le doc­teur Jean-Jacques Cri­gnon, méde­cin fédé­ral régio­nal de nata­tion en Nord-Pas-de-Calais et de la ligue natio­na­le de hand­ball. Ces bles­su­res ne sont plus pri­ses en char­ge par les méde­cins des clubs spor­tifs. Les anciens ath­lè­tes doi­vent donc les trai­ter par leurs pro­pres moyens. «L’arthrose [une mala­die qui tou­che les arti­cu­la­tions]se décla­re de façon pré­co­ce chez les spor­tifs retrai­tés.»

Les pro­blè­mes psy­cho­lo­gi­ques, tels que la dépres­sion, sont, quant à eux, sou­vent asso­ciés aux sports indi­vi­duels. «La nata­tion au haut niveau peut être dan­ge­reu­se. La pres­sion des entraî­neurs, la décom­pen­sa­tion [une dégra­da­tion bru­ta­le de l’organisme] après les com­pé­ti­tions et en fin de car­riè­re ont par­fois des impacts néga­tifs sur le men­tal des nageurs», révè­le Jean-Jacques Cri­gnon.

Retrai­té à 36 ans

Sébas­tien Bos­quet, dou­ble cham­pion du mon­de et d’Europe de hand­ball, a pris sa retrai­te spor­ti­ve en 2015, à l’âge de 36 ans. En 2008, une impor­tan­te bles­su­re l’a pri­vé des jeux Olym­pi­ques. Aujourd’hui, la dou­leur s’est atté­nuée, mais il la res­sent enco­re. «Une rup­tu­re par­tiel­le du ten­don d’Achille m’a tenu écar­té des ter­rains pen­dant six mois. Après neuf semai­nes de réédu­ca­tion à Clai­re­fon­tai­ne [le cen­tre d’entrainement de l’équipe de Fran­ce de foot­ball], j’ai repris la com­pé­ti­tion. Mais cela m’a cau­sé pas mal de pépins au mol­let par la sui­te», racon­te Sébas­tien Bos­quet. Il s’estime néan­moins chan­ceux de ne jamais avoir eu de pro­blè­mes à l’épaule ou au dos : «pour ce type de bles­su­res, cer­tains ne s’en remet­tent pas!» Le doc­teur Cri­gnon pré­ci­se néan­moins que «la plu­part des spor­tifs gar­dent une bon­ne hygiè­ne de vie et res­tent sou­vent en excel­len­te san­té car­dia­que.»

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Jeu­ne retrai­té, Sébas­tien Bos­quet orga­ni­se des sta­ges de hand­ball pour les jeu­nes à Dun­ker­que depuis 2012. © Sta­ge en Nord

Aujourd’hui en for­ma­tion pro­fes­sion­nel­le pour édu­quer les enfants au hand­ball, l’ex-professionel regret­te de ne plus pou­voir pra­ti­quer autant de sport qu’avant, et de pren­dre quel­ques kilos. «Ça va venir, je vais trou­ver le temps de m’y remet­tre», affirme-t-il. Il vou­drait réus­sir à conci­lier ses nou­vel­les étu­des avec une pra­ti­que spor­ti­ve régu­liè­re. «Quand je cours avec ma fille de 12 ans, je n’ai jus­te pas envie qu’elle me met­te la misè­re!», conclut-il en riant.

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A propos de l'auteur

Étudiant de la filière journaliste scientifique commune à l'ESJ et l'Université de Lille – sciences et Technologies. @JS23_ESJ

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