Les déménagés de l’extrême

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Qui seront les pre­miers à avoir la tête sous l’eau ? D’ici 2100, le niveau de la mer connaî­tra une élé­va­tion de 0,5 à 1 mètre, selon les esti­ma­tions du groupe d’experts inter­gou­ver­ne­men­tal sur l’évolution du cli­mat (le GIEC). En cause : le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, qui entraîne la fonte des gla­ciers et dilate les océans.
Les ter­ri­toires situés au niveau de la mer ou en des­sous sont mena­cés d’immersion. C’est le cas des Mal­dives, situées dans l’océan Indien, et de leurs 400 000 habi­tants. D’ici la fin du siècle, 80 % des 1 200 îles qui les com­posent sont sus­cep­tibles d’être noyées.
Pour lut­ter contre cette mon­tée des eaux, les pays ayant les moyens finan­ciers, comme les Pays-Bas, ins­tallent des digues, mais les pays en voie de déve­lop­pe­ment fini­ront par se faire sub­mer­ger faute d’argent.

Réfu­giés cli­ma­tiques
Parmi les pre­mières vic­times poten­tielles, les 110 000 habi­tants des îles Kiri­bati, situées dans le nord de l’océan Paci­fique. Ils n’ont pas le choix : ils devront démé­na­ger vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande, a annoncé leur pré­sident Anote Tong, qui a déjà négo­cié l’arrivée de ces conci­toyens avec les deux pays.
Des cher­cheurs se penchent sur le pro­blème des réfu­giés cli­ma­tiques. Dans une inter­view au Nou­vel Obs en 2013, le cli­ma­to­logue fran­çais Jean Jou­zel estime qu’ils seront 400 000 pour une aug­men­ta­tion du niveau de l’eau de seule­ment 40 cm. La ques­tion du sta­tut de ces démé­na­gés est cru­ciale : il faut assu­rer leur accueil dans d’autres pays, tout en évi­tant les conflits, tout le monde ne voyant pas obli­ga­toi­re­ment d’un bon oeil l’arrivée de ces immi­grés for­cés.
Dans notre région, Doro­thée Lobry, doc­to­rante à l’université de Lille 2, tra­vaille sur le sujet. Elle essaye d’établir les condi­tions qui défi­nissent une per­sonne comme étant un réfu­gié cli­ma­tique. Car pour le moment, les popu­la­tions obli­gées de démé­na­ger ne pos­sèdent aucun droit ni aucune pro­tec­tion. Ste­ven Copin et Florent Maret

La mon­tée des eaux en chiffres
  • Élé­va­tion du niveau de la mer de 0,5 à 1 mètre d’ici 2100.
  • 400 000 réfu­giés cli­ma­tiques si le niveau de la mer aug­mente de 40 cen­ti­mètres.
  • Le niveau de la mer s’est élevé de 1,7 mil­li­mètre par an en moyenne au 20e siècle.
  • Depuis 1993, le rythme est de 3 mil­li­mètres par an.
  • Le niveau de la mer a aug­menté de 19 cen­ti­mètres entre 1901 et 2010.

 

Montée des eaux de 1 mètre en Nord-Pas-de-Calais @ Observatoire climat
Le Nord-Pas-de-Calais, avec une mon­tée du niveau de la mer de 1 mètre. Plu­sieurs sites Web per­mettent de réa­li­ser une simu­la­tion de la mon­tée des eaux. Mais atten­tion : ils ne prennent en compte que le relief, et pas les pro­tec­tions et digues exis­tantes.

 

+ d’infos

L’interview de Jean Jou­zel au Nou­vel Obs

Article de Doro­thée Lobry sur le sta­tut des réfu­giés cli­ma­tiques

Simu­la­teur de l’élévation du niveau de la mer

La syn­thèse du der­nier rap­port du GIEC

Article du CNRS sur la mon­tée des eaux

Pho­to­mon­tages illus­trant les consé­quences de la mon­tée des eaux

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A propos de l'auteur

Lycée Baggio - Lille

Historiquement tourné vers la culture scientifique et technologique, le Lycée Baggio vise à amener la jeunesse au plus haut niveau des savoir et des savoir faire – sans négliger l’importance actuelle des savoir être -, en s’appuyant sur une devise fédératrice : Réussir ensemble.

3 commentaires

  1. Lycée Baggio - Lille

    Au pro­gramme de l’enseignement de spé­cia­lité sciences phy­siques en Tale S.
    Merci pour ces infor­ma­tions et les liens qui viennent enri­chir le cours.

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