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A l’heure où les nanotechnologies sont un sujet méconnu ou controversé par la population, Patricia LEFEBVRE est ingénieure au CNRS et a mis en place « Nano-Ecole ». Son projet ? Amener les sciences autrement pour attirer les jeunes mais surtout former le citoyen de demain.

Tyfanie MOREAU et Jeanne CALESSE, étudiantes en licence FoCuS, pour le cours de « Sciences en société » sous la tutelle de M. Bertrand BOCQUET.

 

Un nanomètre correspond à 10-9 mètre, soit 0.000000001m ! C’est un milliard de fois plus petit que les objets de notre monde. Et pourtant aujourd’hui, grâce aux avancées technologiques, nous sommes capables de comprendre le fonctionnement de ce monde si petit. Les nanotechnologies, c’est-à-dire les technologies à l’échelle nanométrique, interviennent dans de nombreux secteurs comme l’informatique, la biologie, la physique, la chimie et bien d’autres…  Après plus de 25 ans en centrale de technologie à réaliser des composants de plus en plus petits, notamment dans le domaine des nanomatériaux, Patricia Lefebvre a choisi de préparer les générations futures aux connaissances en la matière via le projet « Nano-Ecole ».

Un objet de taille nanométrique est 50 000 fois plus fin qu’un cheveu.

Jeanne et Tyfanie : Quand a débuté ce dispositif ?

P. Lefebvre : «Nano-Ecole » est un projet qui a été initié par « Nano-Innov » en 2010, celui-ci comportant une partie formation selon trois axes : « Nano-Ecole », « Nano-Formation » et « Nano-Société ». Toulouse, Grenoble et Paris ont été choisies pour ce projet. Par le projet déposé par mes soins, Lille s’est vue insérée dans l’action « Nano-Ecole » uniquement. Chacun des quatre pôles a reçu un financement de l’ANR (agence national de la recherche) initialement prévu pour trois ans pour développer des actions régionales dans un plan national.

Quel est le but de ce projet ?

Le projet « Nano-Ecole », sur le plan national, est un projet ayant pour but d’amener les sciences autrement afin d’attirer les jeunes, de rendre les sciences attractives en faisant le lien entre les apprentissages, le quotidien et le monde de la recherche mais également de former le citoyen de demain aux nanotechnologies. Il s’adresse à tous les publics mais suivant les régions, les approches et les cibles sont différentes. Chaque pôle décline le projet selon les moyens humains et les qualités de chacun. Ce qu’il y a de bien avec les nanotechnologies c’est que c’est un domaine peu connu bien qu’il suscite la curiosité, pluridisciplinaire et sujet à controverse. Ainsi nous pouvons former à la réflexion et apporter une solide culture scientifique et technique.

A Lille, à qui s’adresse-t-il et en quoi consiste-t-il ?

Nous avons souhaité nous concentrer sur la jeunesse car c’est la génération de demain ; outre qu’elle soit intéressée et formée aux sciences, elle doit également pouvoir prendre position en étant informée. Nous avons donc choisi d’apporter des connaissances en commençant par les universités, beaucoup dans les lycées mais aussi dans les collèges et même dans les écoles primaires. Il est important qu’une culture scientifique soit amenée dès le plus jeune âge. Les projets menés dans les établissements sont différents selon les niveaux. Les professeurs et les élèves sont formés parallèlement. Au niveau lycée et collège les projets sont développés selon les moyens et les heures prévus à cet effet.

« Nano-Ecole » ne se dérouCg5dufgXEAIVK0Ale pas uniquement dans les établissements scolaires. Nous cherchons aussi à toucher le grand public lors d’événements comme la Fête de la Science ou encore, pendant plusieurs années, grâce au salon des métiers, en montrant l’interdisciplinarité des nanosciences : chacun apporte ses compétences ! Nous informons aussi les parents et les conseillers d’orientation afin qu’ils puissent accompagner plus facilement les élèves vers ces futurs métiers. Nous tentons de créer autour de ces actions de médiation scientifique une cohérence, une dynamique régionale, en proposant une thématique « Nano-Ecole » à l’année qui englobe les thèmes développés lors de ces événements.

Comment faites-vous pour amener cette pluridisciplinarité dans les établissements du secondaire où justement tout est disciplinaire ?

Les projets sont menés à l’année avec une ou plusieurs classes et dans plusieurs disciplines (quatre ou cinq). Avec un sujet pluridisciplinaire comme les nanosciences, chacun peut trouver le moyen de s’intéresser au sujet selon son domaine de prédilection. Un sujet commun est établi par les professeurs comme, par exemple, « le carbone sous toutes ses formes ». Notre but premier est de susciterCb-CEYSWAAAT9Ub la curiosité au moyen de supports ou d’objets. En manipulant et en voyant l’objet, les élèves s’interrogent. Chacun de leur côté, les élèves liés à la discipline qu’ils ont choisi pour aborder le sujet traiteront de celui-ci, en français avec des ouvrages, en physique en découvrant sa composition, en histoire en étudiant son impact… Il a donc une même thématique mais perçue de différents points de vue. A terme, le projet sera restitué en racontant une histoire, en suivant un fil rouge. Et alors les élèves pourront faire le lien entre les différents projets établis autour du même thème.  Notre intervention dans ces projets consiste seulement à aider les enseignants et les élèves à comprendre qu’ils ont des connaissances et qu’ils sont capables de s’en servir pour parler d’un même sujet malgré leur savoir hétérogène. Nous leur montrons que tout est à leur portée et qu’il faut simplement qu’ils s’ouvrent au monde.

Comment est perçu « Nano-Ecole » par ceux qui y ont participé ?

Une fois tentée l’expérience, les enseignants, sont demandeurs et bien souvent, ils renouvellent l’année suivante… La première année, au moment de la restitution, élèves et professeurs découvrent le travail des autres et prennent conscience de l’aspect interdisciplinaire du sujet. Ils sont souvent éblouis par l’histoire qui se crée autour de la thématique. De plus en plus souvent, je vois revenir les élèves des années précédentes aux restitutions des années suivantes et cela même s’ils ne font plus partie du projet, même s’ils ne sont plus dans les établissements. Quelques-uns arrivent même à l’université pour poursuivre des études sur la thématique des nanosciences ! La relation créée entre élèves et professeurs grâce à ce projet est très recherchée et apparaît plaisante à tous !

Pour un public pluridisciplinaire et jeune comme les primaires, comment faites-vous ?

La formation des enseignants se déroule sous forme de conférence dans un théâtre. Le premier projet adreCbAZrwDXEAAVl1kssé à des primaires a été mis en place sur l’année 2014-2015. Ce projet mêlait des CM2 et des 6ème. Ils avaient pour thématique : « Lascaux : travail de l’artiste et du scientifique ». Ce sont les enseignants de mathématiques et d’art plastique qui ont apporté le projet « formes et couleurs » aux enseignants du primaire. Avec ce jeune public, nous sommes partis de ce que les élèves font et connaissent pour les emmener plus loin. Bien évidemment nous avons adapté notre vocabulaire afin que ces nouvelles connaissances puissent leur être accessibles. Ils font des nanosciences sans s’en rendre compte !

Un sujet pluridisciplinaire comme les nanosciences permet à chacun de trouver

« sa porte d’entrée ».

 

Quelle satisfaction et quelle évolution tirez-vous du projet « Nano-Ecole » ?

De par l’augmentation des stagiaires « découverte », des élèves issus des projets « Nano-Ecole » qui intègrent l’université et qui effectuent leurs stages du supérieur au laboratoire, du nombre croissant de projets et d’enseignants impliqués, il est possible de dire que « Nano-Ecole » est une réussite. De plus, les enseignants de collège ayant participé aux projets « Nano-Ecole Lille » sont rassurés et satisfaits lorsqu’ils voient la réforme EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) arriver. Même les doctorants qui valident le module TCS (transmission des connaissances scientifiques) par les actions « Nano-Ecole » sont de plus en plus nombreux. Plusieurs ne comptent plus leurs heures et sont heureux de participer à de tels projets. C’est voir ces publics différents avoir  envie de partager via ce sujet si riche et si complexe que sont les nanosciences, qui est réjouissant et satisfaisant. En ce qui concerne l’évolution possible, mon travail sera terminé lorsque les professeurs n’auront plus besoin de moi pour mener des projets pluridisciplinaires liés aux nanosciences. L’évolution idéale pour enrichir le projet et être complet dans nos approches serait de créer, en local, une équipe pluridisciplinaire de médiation scientifique.


Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site : http://nanoecole-lille.univ-lille1.fr

Ou envoyer directement vos questions à l’adresse suivante : patricia.lefebvre@iemn.univ-lille1.fr


 

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