À cha­cun sa quê­te. Cel­le des mem­bres d’OrdiRétro est de pré­ser­ver la mémoi­re du jeu vidéo. Et il y a de quoi fai­re : si on se réfè­re à Pong com­me le tout pre­mier, cela fait plus de 40 ans que le jeu vidéo exis­te ! « Notre but est de res­ti­tuer l’expérience de jeu d’origine », pré­ci­se Xavier Bodé­nand, mem­bre de l’asso depuis sa créa­tion en 2010. La tâche est déli­ca­te. « C’est tou­te une chaî­ne d’objets en état à pos­sé­der : le jeu, la machi­ne de lec­tu­re, mais aus­si l’écran. Car les télé­vi­seurs moder­nes ne pos­sè­dent plus for­cé­ment les pri­ses néces­sai­res, com­me la pri­se Péri­tel, en cours de dis­pa­ri­tion. » C’est pour­quoi l’asso récu­pè­re les obè­ses écrans catho­di­ques, objets de plus en plus rares.
Une fois le maté­riel trou­vé, répa­ré si néces­sai­re, il faut enco­re s’assurer de l’entreposer dans de bon­nes condi­tions. « Nous devons nous poser les mêmes ques­tions qu’un conser­va­teur de musée : à quel­le tem­pé­ra­tu­re, quel taux d’humidité, dans quel embal­la­ge sto­cker nos col­lec­tions », com­plè­te Xavier.

Dans l'antre de l'asso, des pièces de collection. © DR

Dans l’antre de l’asso, des piè­ces de col­lec­tion. © DR

De pro­fon­des boî­tes en plas­ti­que s’alignent sur les éta­gè­res. Les noms écrits des­sus ont de quoi réveiller les pas­sions enfouies chez les tren­te­nai­res et plus : Ata­ri 2600, Nin­ten­do 64, Dream­cast… À l’intérieur, les conso­les avec les manet­tes et les câbles adap­tés. L’asso pos­sè­de ain­si 300 conso­les et ordi­na­teurs, sans comp­ter les acces­soi­res, plu­sieurs cen­tai­nes de jeux sous for­me de cas­set­tes audio, dis­quet­tes, car­tou­ches ou DVD.

Cultu­re. À la fois musée et entre­pôt, le local recè­le quel­ques piè­ces excep­tion­nel­les. Des exem­plai­res de la pro­duc­tion fran­çai­se de maté­riel infor­ma­ti­que, com­me le micro-ordinateur Hec­tor de Micro­ni­que, le TO8 de Thom­son, ou l’Alice de Matra. L’un des pre­miers cas­ques de vision 3D sté­réo­sco­pi­que, tel­le­ment lourd qu’il repo­se sur un tré­pied et que le joueur doit appro­cher sa tête pour regar­der une ima­ge mono­chro­me. Ou enco­re la machi­ne Vec­trex, com­mer­cia­li­sée par MB : dotée d’un écran, elle n’affiche pas des pixels, mais des des­sins vec­to­riels, à base de lignes et de cour­bes. Pour y jouer, il faut y appli­quer un cal­que trans­pa­rent sur lequel figu­rait le décor du jeu.
L’asso reven­di­que aus­si l’apport du jeu vidéo à la cultu­re, « au même titre que le ciné­ma ou la lit­té­ra­tu­re ». Les boî­tes sont pré­cieu­se­ment gar­dées. Une biblio­thè­que avec des livres de réfé­ren­ces et d’anciens maga­zi­nes d’informatique, des pro­duits déri­vés des jeux, des œuvres artis­ti­ques met­tant en scè­ne les per­son­na­ges, com­plè­tent le tré­sor d’OrdiRétro. Il n’est pas réser­vé aux adhé­rents de l’association. « Les col­lec­tions sont des­ti­nées à être valo­ri­sées. Nous pré­sen­tons des machi­nes en état de fonc­tion­ner, sur les­quel­les le public peut jouer lors de mani­fes­ta­tions. » Le pro­chain grand évé­ne­ment aura lieu les 23 et 24 avril. Dans le cadre des Geeks Days, Ordi­Ré­tro par­ti­ci­pe­ra au vil­la­ge Play’It, au Grand Palais de Lil­le, avec trois expo­si­tions vidéo­lu­di­ques consa­crées au ciné­ma, à Star Wars et à Juras­sic Park. Prêt pour une par­tie ?

En savoir +

Le site de l’asso Ordi­Ré­tro

Le pro­gram­me du vil­la­ge Play’it

Pour fai­re don de vos jeux et maté­riels à l’asso, vous pou­vez écri­re à l’adresse : contact@ordiretro.fr

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