Suivez-nous :

Judo, boxe, danse, gymnastique, course à pieds… Dans certaines disciplines, la recherche de performance aboutit parfois à des troubles du comportement alimentaire. L’orthorexie est l’obsession à vouloir supprimer de l’alimentation tous les produits considérés comme «nocifs» pour le corps (gras, salé, sucré) et à ne consommer que des aliments jugés sains (légumes, fruits). «Les sports à catégories de poids comme la boxe ou le judo sont les plus enclins à fabriquer des orthorexiques. Un boxeur de catégorie de -70kg fera tout pour rester à 69kg car s’il dépasse cette limite, il se retrouve dans la tranche 70-79kg, où il risque d’être désavantagé par la force d’adversaires plus corpulents», explique Pauline Rivet, nutritionniste à l’hôpital de Dunkerque. «Les personnes perfectionnistes ayant le désir de bien faire, et de le faire à fond, sont souvent touchées», précise Isadora Forest, psychologue à Lambersart. En effet, la pratique d’un sport en compétition est plus stressante et exigeante qu’une pratique de loisir car elle nécessite une persévérance accrue dans l’entraînement. Ainsi, un besoin de contrôle de l’alimentation et du physique, qui conditionnent les performances sportives, s’installe chez les orthorexiques.

Une majorité de jeunes adultes

En plus des rings de boxe, les conservatoires de danse et de gymnastique sont également touchés par l’orthorexie. Les élèves sont souvent incités par les professeurs à entretenir une minceur, voire une maigreur extrême. De plus, l’image du corps parfait véhiculée par les médias et alimentée de slogans bien connus comme «Manger Bouger», «Évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé», «Consommez au moins 5 fruits et légumes par jour», encouragent eux aussi à la pratique de l’orthorexie. «Il faut garder à l’esprit que dans tous les cas, ce n’est qu’au sortir de l’adolescence, quand la pratique du sport de haut niveau se poursuit, que l’adolescent a quitté la maison, habite seul et fait ses courses lui-même, que le contrôle de la nourriture peut devenir une obsession. Ainsi, l’orthorexie touche plutôt de jeunes adultes», insiste le docteur Pauline Rivet. Les principaux risques de cette maladie sont le déséquilibre alimentaire et l’isolement ; ne plus pouvoir manger chez des amis, aller au restaurant, ou encore devoir amener son propre repas désociabilise inévitablement les personnes touchées. Cependant, comme le précise Etienne Ghysel, médecin généraliste à Roubaix : «Ils sont persuadés d’avoir raison et viennent rarement consulter. Mais dans la plupart des cas, les orthorexiques sont heureux de cette manière de vivre et finalement, ce sont leurs proches les plus déstabilisés».

Partager

A propos de l'auteur

Étudiante de la filière journaliste scientifique commune à l'ESJ et l'Université de Lille – sciences et Technologies @JS23_ESJ

Laisser un commentaire