Ren­con­trer de nou­vel­les for­mes de vie, trou­ver un refu­ge après une apo­ca­lyp­se nucléai­re, com­pren­dre la for­ma­tion des pla­nè­tes. Les exo­ter­res font rêver. Mais quand les entre­pri­ses pri­vées se lan­cent à leur tour dans l’exploration spa­tia­le, les scien­ti­fi­ques s’interrogent.

Lever d’étoile sur une exo­pla­nè­te, vue d’artiste (Pixa­bay©)

Et si nous n’étions plus seuls dans l’Univers ? « C’est une ques­tion très humai­ne au final. » Pour Maga­li Deleuil, spé­cia­lis­te du sujet au labo­ra­toi­re d’astrophysique de Mar­seille (Aix-Marseille Uni­ver­si­té), c’est même l’une des moti­va­tions pre­miè­res de la quê­te des exo­ter­res. Tel­lu­ri­que, gazeu­se, habi­ta­ble, peu­plée ou non, qu’importe. Une exo­pla­nè­te est une pla­nè­te qui n’orbite pas autour de notre Soleil, mais d’une autre étoi­le. Lors­que les carac­té­ris­ti­ques de ces objets nous rap­pel­lent cel­les de la Ter­re, l’imagination s’emballe. Le mieux serait, bien enten­du, d’aller voir de plus près. Mais les dis­tan­ces sont lit­té­ra­le­ment astro­no­mi­ques. L’exoplanète la plus pro­che, Proxi­ma b, est à plus de qua­tre années-lumière de nous ! Avec nos meilleu­res fusées, des dizai­nes de mil­liers d’années de voya­ge. Pei­ne per­due ? Peut-être pas. Le pro­jet Break­through Star­shot, lan­cé cet­te année, vise à envoyer une mis­sion vers cet­te pla­nè­te, en seule­ment 20 ans. Point de navet­te habi­tée ici, mais des son­des ne pesant pas plus d’un gram­me, pro­pul­sées par un laser sur­puis­sant.

Un fan­tas­me de mil­liar­dai­re

L’entreprise, sou­te­nue par le célè­bre phy­si­cien Ste­phen Haw­king et diri­gée par Pete Wor­den, un ancien de la Nasa, pré­voit 20 ans de déve­lop­pe­ments préa­la­bles. La par­ti­cu­la­ri­té de cet­te recher­che est aus­si d’être fi nan­cée par Yuri Mil­ner, richis­si­me hom­me d’affaires rus­se, et Mark Zucker­berg, créa­teur de Face­book. Là où les États ont renon­cé à inves­tir, se lan­cent d’aventureux mil­liar­dai­res. Tel Elon Musk, cofon­da­teur de Pay­Pal, qui veut, lui, fai­re de l’humanité une espè­ce “multi-planétaire” en s’établissant sur Mars. Et sans régle­men­ta­tion sur l’exploitation de l’espace, les scien­ti­fi ques crai­gnent qu’il ne devien­ne une ter­ra inco­gni­ta à conqué­rir plu­tôt qu’à décou­vrir et pré­ser­ver.

ADRIEN MIQUEU

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