Suivez-nous :

La bactérie staphylocoque doré peut être à l’origine d’infections graves, voire mortelles, tel le syndrome de choc toxique (SCT). Plus d’un quart de ces SCT sont liés à une utilisation inappropriée des protections périodiques lors des règles. Ces infections pourraient pourtant être évitées grâce à l’application de quelques règles simples. Par Sylvie Burnouf.

Observation d’un groupe de staphylocoques dorés en microscopie électronique

Staphylocoque doré. Sous ce nom empreint de bling-bling se cache une petite bactérie généralement inoffensive. Elle colonise en effet bon nombre d’hommes et de femmes, sans que cela ne cause de problème particulier. « 30 à 50 % de la population est porteur sain du staphylocoque, c’est-à-dire que la bactérie est retrouvée au niveau de la peau ou des muqueuses externes sans qu’aucun symptôme ne soit développé », peut-on lire sur le site internet de l’Institut Pasteur.

Toutefois, le staphylocoque doré peut, dans certaines conditions, être à l’origine de troubles très graves, parfois mortels. C’est le cas du syndrome du choc toxique (SCT). En 2014, le Centre national de référence (CNR) des staphylocoques référençait 82 cas de SCT en France. Vingt-deux de ces cas, soit plus de 25 %, étaient liés aux menstruations. Les patientes atteintes de ce type de SCT sont généralement très jeunes : en 2014, la moitié des victimes avait entre 14 et 16 ans.

 

Le sang stagnant, un facteur de risque important

Alors, quelle est l’origine du SCT menstruel ? A priori, les protections périodiques. Ou plutôt, une utilisation inadaptée de ces dernières. Le risque d’infection peut en effet se présenter lorsque le sang stagne dans la cavité vaginale pendant une durée trop importante, comme c’est le cas lorsque l’on change de tampon hygiénique ou de coupe menstruelle à une fréquence trop faible. « Il s’agit d’un problème mécanique : il y a une obstruction, le sang ne s’évacue pas, explique Nadine Lemaître, bactériologiste et chef de service dans le laboratoire de bactériologie-hygiène du Centre de biologie-pathologie (CBP) de Lille. Chez les femmes porteuses du staphylocoque doré, ne pas changer assez régulièrement de tampon est un facteur de risque pour le SCT : le staphylocoque doré présent dans la muqueuse vaginale et utérine n’est pas éliminé par le flux sanguin et va donc s’accumuler et proliférer.»

Capture

Tampon, serviette, coupe menstruelle… Les protections périodiques sont-elles des nids à bactéries ?

 

Une réponse inflammatoire démesurée

Le problème de cette prolifération, c’est que certaines souches de staphylocoque doré produisent une toxine appelée TSST-1, pour Toxic shock syndrome toxin 1. « La toxine produite par le staphylocoque doré va induire une démultiplication de la réponse immunitaire dans l’organisme de la patiente. C’est un véritable cataclysme qui se met en place. Les patientes sont en état de choc et vont en réanimation, explique Nadine Lemaître. Le cœur, les reins, les poumons vont mal… Les patientes deviennent complètement rouges à cause de l’inflammation : beaucoup d’anticorps sont produits pour lutter contre la toxine. »

Faut-il mettre nos tampons à la poubelle ? ...Pas forcément !

Faut-il mettre nos tampons à la poubelle ? …Pas forcément !

Tampon ou serviette ?

 Mais alors, quelles sont les solutions pour réduire les risques ? Car quand on est une femme, difficile de se passer de protections périodiques…

Sachant que la plupart des SCT menstruels répertoriés sont liés au port inapproprié du tampon périodique, si une femme « se sait porteur du staphylocoque doré, il semble assez judicieux qu’elle remplace l’usage du tampon par celui de la serviette périodique », met en garde Nadine Lemaître. Toutefois, bien que graves, les SCT menstruels restent pour l’instant un phénomène assez marginal. Il suffit par conséquent pour la plupart des femmes de “suivre des règles d’hygiène de base, comme changer de tampon très régulièrement et se laver les mains avant d’y toucher », afin d’éviter toute prolifération bactérienne.

En somme, pas besoin d’être parano, mais simplement en règle !

 

————————————————-

Chaque mois, de la puberté à la ménopause, les tissus muqueux qui recouvrent la paroi interne de l’utérus se détachent progressivement pour être évacués hors de l’organisme, sous la forme d’une perte de sang : ce sont les règles, ou menstruations. L’utilisation de protections périodiques permet de confiner ce sang, évitant ainsi les odeurs, taches et autres désagréments liés à l’écoulement sanguin.


 

Sylvie Burnouf

Partager

A propos de l'auteur

Laisser un commentaire