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Avec le robot Ch’ti plouf, c’est vers une autre facette de la recherche que Florent Lamiot, chargé de mission à la Direction de l’environnement du Conseil régional des Hauts-de-France, nous conduit. Celle de la recherche participative, où les avancées sont partagées, mutualisées, et où chacun apporte sa brique pour aboutir à une technologie et à des ressources accessibles à tous.

Lille, le 8 février 2017 : soirée de lancement de la campagne de crowdfunding pour le robot-drone Ch’ti Plouf dans les locaux du RIZOMM de l'Université Catholique de Lille. A gauche Florent Lamiot, instigateur du projet.

Lille, le 8 février 2017 : soirée de lancement de la campagne de crowdfunding pour le robot-drone Ch’ti Plouf dans les locaux du RIZOMM de l’Université Catholique de Lille. A gauche Florent Lamiot, instigateur du projet.

La biodiversité subaquatique en partage ! C’est l’objectif du futur robot Ch’ti plouf, imaginé par Florent Lamiot, chargé de mission à la Direction de l’environnement du Conseil régional des Hauts-de-France.

L’idée prend naissance dans les eaux troubles de la Deûle, il y a dix ans. Yohann Tison, écologue à la ville de Lille, souhaite mettre en place un observatoire de la biodiversité car vingt et une espèces méritent d’être suivies. Il délègue cette mission à Florent Lamiot qui, depuis, scrute les merveilles de la Deûle quasiment quotidiennement : « Nous avons dorénavant la preuve d’une biodiversité possible dans un canal. A Lille, le meilleur et le pire se côtoient, parfois à 100 mètres de distance, c’est scientifiquement très intéressant. »

Il repère, photographie, filme… découvre le pire avec l’absence de toute biodiversité dans des zones très polluées –comme celle de Metaleurop, l’ancienne fonderie située sur les communes de Noyelles-Godault et de Courcelles-lès-Lens (Pas-de-Calais)– et le meilleur, une vie foisonnante dans certaines parties du canal et en tire même une vidéo (voir encadré « Les secrets de la Deûle »). Mais, « ce n’est pas suffisant pour observer les évolutions de la faune et la flore subaquatiques, soulève Florent Lamiot. Je n’ai par exemple pas le droit de descendre où il y a les péniches, trop dangereux du fait des hélices, ni même de mettre du matériel or certaines situations le nécessitent. Au printemps dernier, une colonie de crabes chinois a escaladé les écluses pour envahir les canaux… personne n’a jamais pu filmer ça. » Voici comment l’idée du robot subaquatique Ch’ti plouf a commencé a émergé…

Pourquoi Ch’ti plouf ?

Contribuer à des inventaires de la biodiversité subaquatique afin d’aider des écologues ou toute personne travaillant sur la biodiversité des cours d’eau : est-ce que les espèces régressent, diminuent, sont stables… et pour quelles raisons ?

OpenRov, premier ROV conçu dans un esprit open.

OpenRov, premier ROV conçu dans un esprit open.

Source d’inspiration ?

« L’OpenRov, premier ROV conçu dans un esprit open est l’une de nos sources d’inspiration. Il s’agit d’améliorer ce concept pour en faire un drone, améliorer ses capacités d’acquisition d’images et de données et le rendre plus opérationnel dans les environnements difficiles », explique Florent Lamiot.

 

 

Objectifs du drone subaquatique ?

  • Photographier, filmer  la vie subaquatique ;
  • Pouvoir le guider à distance pour aller photographier de très près, y compris dans des conditions difficiles de très faible visibilité –zones très polluée, sous des péniches, dans des tuyaux, rivières ou carrières sous-terraines ;
  • Avoir un retour visuel de ce que le robot voit ;
  • Réussir à stabiliser la caméra malgré le mouvement de la boule transparente dans laquelle elle est insérée ;
  • Le doter de capteurs d’informations physico-chimique de l’environnement ;
  • Permettre ses déplacements dans des zones difficiles –algues filamenteuses par exemple ;
  • Possibilité de reconnaissance et de suivi d’une espèce aquatique –tortue par exemple ;
  • Lumière activable à distance ;
  • Autonomie.

Démarche de conception et de réalisation ?

Participative. Projet éthique, ouvert. Open source pour les plans : ouverture d’un laboratoire virtuel sur Wikiversité qui permet à des scientifiques du monde entier de venir travailler sur le robot, aussi bien sur la technique que sur les objectifs. Open datas pour les données : mise en commun des images dans Wikipedia et sur Wikimedia commons où une trentaine de millions d’images sont déjà légendées en français et en anglais dans un premier temps. Projet coup de cœur de l’Université catholique de Lille, la campagne de Crowfunding de 2016 a motivé une centaine de contributeurs pour un montant de 10 100 euros.

Alexandra Pihen

Pour plus d’informations sur Ch’ti plouf, rendez-vous sur https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Mise_au_point_d%27un_drone_subaquatique

 

Les secrets de la Deûle

Film est réalisé par Florent LAMIOT et Thomas LEMOINE. C’est une compilation des plus belles images faites durant 10 ans de suivi bénévole photo/vidéo d’une partie du bassin de la Deûle-Marque.

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