Dif­fi­ci­le de l’imaginer, le Saha­ra n’a pas tou­jours été un désert. Il s’est trans­for­mé en sava­ne à plu­sieurs repri­ses au cours de son his­toi­re, sous l’effet de l’intensification de la mous­son. La der­niè­re fois, c’était il y a 5000 à 11000 ans envi­ron. Ves­ti­ge de ces épi­so­des humi­des, un ancien fleu­ve a été décou­vert par des cher­cheurs issus de plu­sieurs ins­ti­tu­tion scien­ti­fi­ques, dont le labo­ra­toi­re d’océanologie et de géos­cien­ces (LOG, uni­ver­si­té de Lille/CNRS/université du Lit­to­ral Côte d’Opale).

L’existence du « fleu­ve Taman­ra­sett » était soup­çon­née depuis une quin­zai­ne d’années, pour plu­sieurs rai­sons. D’abord, un lar­ge canyon sous-marin (le canyon Cap-Timiris), creu­sé dans le pla­teau conti­nen­tal au lar­ge de la Mau­ri­ta­nie, indi­quait la pré­sen­ce pas­sée d’un impor­tant sys­tè­me de fleu­ves en Afri­que de l’Ouest. Ensui­te, on a retrou­vé des sédi­ments typi­ques des fleu­ves dans des carot­tes mari­nes pré­le­vées au fond de l’océan Atlan­ti­que, près de la Mau­ri­ta­nie. Enfin, l’étude du relief du Saha­ra a mon­tré que des fleu­ves et des bras ont pu irri­guer la par­tie ouest de l’actuel désert.

Les nou­veaux résul­tats font le lien entre les pré­cé­den­tes décou­ver­tes. L’observation radar par satel­li­te a révé­lé une por­tion de l’ancien lit, ense­ve­li sous plu­sieurs mètres de sable, sur les côtes mau­ri­ta­nien­nes. Ce tron­çon s’aligne par­fai­te­ment avec les autres par­ties du tra­cé, en mer et sur le conti­nent, confir­mant la pré­sen­ce d’un fleu­ve de 520 km de long envi­ron.  « Cet­te décou­ver­te va per­met­tre de mieux inter­pré­ter les enre­gis­tre­ments des carot­tes mari­nes, avec la pri­se en comp­te, dans cet­te région, de l’apport de sédi­ments par le fleu­ve et pas uni­que­ment par le vent », expli­que Aloys Bory, géo­chi­mis­te du labo lil­lois. Ce nou­veau regard aide­ra à mieux com­pren­dre le sys­tè­me cli­ma­ti­que de l’Afrique.

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